Projets précédemment financés

Série 2

En 2014, TSAS a lancé son deuxième appel à propositions, qui a financé huit projets ci-dessous pour le période avril 2015 – mars 2016. Chaque projet va générer un document de travail, et les résultats seront présentés lors d’un atelier à Ottawa, provisoirement prévue pour septembre 2016.

voir Série 1

1. Lutte contre le financement du terrorisme au Canada : pratiques bancaires

Chercheur clé : Anthony Amicelle, École de criminologie, Université de Montréal
Description :
Toutes les stratégies actuelles pour combattre le terrorisme comprennent des cadres de surveillance financière pour détecter et dissuader le financement d’activités terroristes et faciliter les enquêtes et les poursuites en matière de crimes de financement d’activités terroristes. Les initiatives nationales et internationales ayant été mises en place prennent diverses formes, dont l’imposition de sanctions économiques ciblées, la coopération en matière d’application de la loi et la délégation de prérogatives de surveillance à des acteurs « privés ». En effet, l’action gouvernementale contre le financement du terrorisme se base principalement sur la vigilance d’institutions « privées », qui sont responsables de la détection de transactions et de clients suspects et de la communication de renseignements pertinents aux services nationaux de renseignement financier comme le CANAFE au Canada. Les banques sont au premier plan de ces institutions, mais plusieurs autres professions sont aussi impliquées comme les sociétés d’assurance, les casinos, les entreprises de services monétaires, les négociants de pierres et de métaux précieux, les courtiers immobiliers, etc. Les établissements bancaires ont ainsi dû développer et mettre en place des procédures pour surveiller leur clientèle pour les tâches que les gouvernements leur demandent d’effectuer. Ainsi, les banques sont officiellement, et souvent à contrecœur, des points névralgiques de la gestion des risques liés aux flux financiers terroristes.

Cependant, bien qu’au quotidien cette lutte ait lieu au niveau des entités financières, très peu d’études au Canada portent sur les pratiques bancaires de gestion des risques terroristes. Comment définissent-elles concrètement les motifs raisonnables pour soupçonner qu’une transaction est liée à un crime de financement du terrorisme? Dans quelle mesure font-elles face aux défis de « jongler » avec des « listes terroristes » nationales et internationales de centaines ou de milliers d’entrées pour lesquelles les actifs financiers doivent être bloqués? Basé sur une série d’observations de participants, d’entrevues avec des agents de conformité des banques et d’analyses de documents, ce projet explorera et analysera les pratiques bancaires contre le financement du terrorisme à Toronto, le centre financier du Canada. Nous soulignerons les points de repère et les tensions potentielles dans les routines bancaires en matière d’obligations liées à la lutte contre le financement du terrorisme. Ce projet vise à apporter une contribution théorique à un aspect significatif, mais peu étudié qui est l’antiterrorisme au Canada, tout en identifiant des éléments clés pour évaluer les pratiques actuelles en surveillance financière.

2. Se sentir accepté : une protection contre la radicalisation parmi les nouveaux Canadiens?

Chercheur clé : Antoine Bilodeau, Sciences politiques, Université Concordia
Description :
Le livre d’Irene Bloemraad Becoming a Citizen (2006) a été acclamé non seulement pour sa capacité d’expliquer l’écart entre les taux de naturalisation du Canada et des É.-U., mais aussi parce qu’il a attiré l’attention sur le rôle des politiques favorisant un environnement accueillant et encourageant une intégration positive des immigrants. L’argument de Bloemraad est simple : en partie parce que la politique de multiculturalisme aide les immigrants à se sentir acceptés, ils sont plus susceptibles de se joindre formellement à la communauté politique canadienne. Au-delà des travaux de Bloemraad, cependant, peu de recherches ont été effectuées pour évaluer les effets du sentiment d’acceptation. Ce projet approfondit l’enquête sur le rôle du sentiment d’acceptation dans l’intégration des immigrants, en particulier en ce qui concerne la prévention de l’exclusion et de la radicalisation des nouveaux Canadiens.

Dans un projet précédent, j’ai commencé à étudier ces questions dans le contexte du Québec (Bilodeau 2013). Les résultats indiquent que les nouveaux Canadiens se sentant peu acceptés montrent un intérêt plus faible pour les affaires publiques du Canada, une satisfaction plus faible par rapport à la démocratie, un sens plus faible du devoir civique, et un attachement plus faible au Canada.

Le projet propose de comparer la force des sentiments d’acceptation et leurs conséquences parmi les nouveaux Canadiens dans quatre provinces : le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Comme indiqué dans des recherches antérieures, les provinces ne sont pas également accueillantes envers les nouveaux arrivants (Garcea, 2006; Bilodeau et al. 2012). Cependant, nous savons peu de choses sur les variations dans l’intégration des immigrants à travers les provinces canadiennes et sur les sources de ces variations. Ce projet vise à combler cette lacune avec un accent sur le rôle du sentiment d’acceptation. De plus, le projet se concentre sur les nouveaux Canadiens plus jeunes, de 18 à 34 ans, un groupe sensible susceptible d’être grandement affecté par de faibles sentiments d’acceptation.

Ce projet répond à quatre questions à l’aide de nouvelles données du Provincial Diversity Project mené pendant l’hiver 2014. Premièrement, les sentiments d’acceptation sont-ils également forts parmi les nouveaux Canadiens dans les quatre provinces? Deuxièmement, les sentiments d’acceptation sont-ils plus faibles parmi les nouveaux Canadiens plus jeunes? Troisièmement, quelles sont les conséquences du sentiment d’acceptation pour l’exclusion et la radicalisation? Quatrièmement, les conséquences sont-elles plus prononcées pour les nouveaux Canadiens plus jeunes?

3. L’expérience des organisations de la société civile musulmane dans la formation des lois et politiques antiterroristes canadiennes

Chercheur clé : Tufyal Choudhury, École de droit, Université Durham
Description :
Le message d’Al-Qaida exploite les perceptions et les expériences de discrimination, d’exclusion sociale et de marginalisation dans son appel aux jeunes musulmans en Europe et en Amérique du Nord. À travers son appel à la violence, le groupe plaide contre la légitimité et l’efficacité des processus démocratiques pour résoudre les préoccupations et les griefs des musulmans. Les citoyens musulmans en Occident subissent une marginalisation en raison de l’exclusion de leurs opinions, de leurs expériences et de leurs voix dans le débat et la discussion concernant des domaines politiques clés qui touchent leur vie. La perception qu’il existe peu de possibilités d’influencer ou de changer les politiques publiques peut renforcer les sentiments d’impuissance et favoriser une plus grande aliénation. En reconnaissance de ceci, renforcer les valeurs démocratiques et la participation politique est devenu un élément essentiel dans les politiques de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent en Europe et en Amérique du Nord.

Dans le contexte post-11 septembre, le contre-terrorisme a un impact particulier sur les musulmans canadiens. La légitimité de telles politiques augmente quand les communautés voient que leurs opinions, leurs expériences et leurs préoccupations concernant des politiques particulières sont considérées sérieusement par le gouvernement et le parlement. Si le projet est capable d’identifier la participation authentique et suffisamment importante des organisations de la société civile musulmane canadienne, permettant à leurs voix d’être entendues et à leurs préoccupations d’être reconnues et abordées, ceci fournirait un test critique pour l’efficacité de la participation démocratique. En examinant les changements politiques sur deux questions, d’abord les changements dans la terminologie utilisée dans les politiques gouvernementales pour décrire la nature de la menace terroriste (en particulier l’utilisation du terme « islamiste »), et deuxièmement, l’introduction de lois permettant la détention préventive d’individus soupçonnés d’implication dans le terrorisme (Loi antiterroriste 2001 et la Loi sur la lutte contre le terrorisme 2013), cette recherche examine le rôle qu’ont joué les organisations de la société civile musulmane canadienne dans le développement des lois et des politiques antiterroristes. Les études de cas examinent le processus de développement des politiques pour savoir ce qu’il révèle sur la façon dont les politiques antiterroristes sont développées et la capacité pour ceux touchés par les politiques d’influencer les décisions. La recherche examine les occasions de participation des organisations de la société civile musulmane canadienne, et la réceptivité du processus politique et législatif à leurs opinions.

4. Une évaluation simultanée des outils d’évaluation de la menace pour l’évaluation individuelle du terrorisme

Chercheur clé : Stephen Hart, faculté de psychologie, Université Simon Fraser
Description :

L’évaluation individuelle et la gestion de la menace terroriste sont d’une importance cruciale au Canada et à l’étranger. Deux des outils les plus prometteurs développés au cours des dernières années pour guider les professionnels d’évaluation de la menace dans l’évaluation et la gestion du risque terroriste sont menés par des scientifiques-praticiens canadiens affiliés au TSAS. L’un de ces outils, les Multi-level Guidelines (MLG), a été développé pour l’évaluation et la gestion de la violence de groupe, incluant l’extrémisme et la violence terroriste. L’autre outil, la deuxième version de l’Évaluation du risque d’extrémisme violent (EREV-2), a été développé spécifiquement pour l’évaluation et la gestion de la violence extrémiste. Les MLG et l’EREV-2 sont des outils de jugement professionnel basés sur des données probantes (recherche) et sur un consensus (opinion des experts), fondés sur les modèles des meilleures pratiques de l’évaluation de la menace de violence. Comme les deux outils sont relativement nouveaux, une recherche continue est cruciale pour établir l’utilité, la fiabilité et la validité des outils en pratique.

Les recherches à ce jour suggèrent que les MLG et l’EREV-2 ont démontré une utilité dans leurs objectifs, une fiabilité de l’application des outils par les chercheurs et les praticiens, et une validité du contenu. Cependant, pour les deux outils, la recherche est limitée à une poignée d’études et de contextes, et il n’y a jamais eu d’évaluation simultanée des outils, laissant aux responsables politiques la responsabilité de déterminer les outils qui répondent le mieux à leurs besoins sans preuves exhaustives pour guider leurs décisions. Il existe un besoin d’études empiriques pour connaître la mesure dans laquelle les outils existants répondent aux besoins opérationnels, savoir si des changements additionnels aux outils existants sont nécessaires pour répondre à ces besoins, ou savoir si de nouveaux outils doivent être développés. Les objectifs du projet actuel sont les suivants : (1) examiner l’utilité, la fiabilité et la validité de ces deux outils simultanément en vue de fournir des renseignements aux responsables politiques qui sont basés sur des données probantes et (2) continuer le développement d’outils de meilleures pratiques dans le domaine de l’évaluation de la menace de la violence terroriste.

5. Explorer la participation des femmes dans les milieux radicaux en ligne

Chercheur clé : Laura Huey, faculté de sociologie, University of Western Ontario
Description :
Afin d’approfondir notre compréhension du rôle des sexes pour influencer la sélection des voies par lesquelles les individus et les groupes peuvent se radicaliser et s’engager dans le terrorisme et d’autres formes d’extrémisme violent, cette étude explore la participation des femmes dans les espaces en ligne servant de « milieux de radicalisation ». Les milieux radicaux sont des espaces sociaux dans lesquels les individus partagent non seulement une idéologie commune mutuellement supportée à travers le groupe ou le réseau, mais aussi une solidarité et des liens de sympathie pouvant pousser des individus à fournir un soutien matériel et moral pour des actes de violence, incitant des acteurs violents potentiels ou étant incités à commettre des actes de violence (Waldmann 2008; Conway 2012).

Historiquement, les milieux radicaux n’étaient pas seulement des espaces sociaux, mais aussi des espaces physiques qui rendaient nécessaires des liens développés grâce à des interactions en face à face en temps réel. Avec l’apparition de l’internet, il existe aujourd’hui « des tribunes de diffusion des idées extrémistes » (Sageman 2008 : 37) fonctionnant de façon anonyme, partout dans le monde, simultanément, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les milieux en ligne multiplient, de façon exponentielle, les possibilités de radicalisation grâce à l’accès de nouveaux publics pour le contenu médiatique extrémiste, des publics comme les femmes qui auraient autrement pu être exclues d’un mouvement extrémiste dans le « monde réel » en raison de leur sexe (Bloom 2013). Heureusement, l’accessibilité de plusieurs de ces milieux en ligne permet également de nouvelles occasions d’obtenir des renseignements sur ce phénomène (Waldmann 2008). À cette fin, l’étude actuelle se basera sur une analyse de données recueillies dans des messages publiés par des femmes sur des sites sélectionnés et basés en Amérique du Nord afin de répondre aux questions de recherche suivantes :

Sur un site, combien d’utilisateurs actifs (au cours des 6 mois précédents) s’identifient comme des femmes (par le nom, l’avatar, le contenu des messages, la police des caractères ou autres indicateurs)?
Quel est le volume de messages généré par les femmes membres actives?
Des modèles identifiables d’engagement (c.-à-d. expressions de sympathie, soutien moral, offres de soutien matériel, incitation à la violence, expressions d’une volonté de se livrer à la violence) peuvent-ils être discernés en fonction du contenu des messages?
La nature du problème influence-t-elle la fréquence de la participation des femmes sur un site? La nature du problème influence-t-elle les modèles d’engagement?

6. Crime et terrorisme : une solution fondée sur des preuves

Chercheur clé : Ron Levi, Munk School of Global Affairs et faculté de sociologie, Université de Toronto
Description :
Qu’est-ce qui fonctionne dans les politiques antiterroristes? Cette question continue d’entraver la recherche en sciences sociales, du fait d’un manque de preuves solides pour évaluer les stratégies antiterroristes dû, au moins en partie, à (1) un nombre relativement faible de cas pour générer des résultats fiables; et (2) à l’incapacité de mener des études contrôlées ou expérimentales pour générer des déductions solides. Une revue systématique Campbell récente va jusqu’à indiquer que 7 sur 20 000 études offrent une « étude d’évaluation modérément rigoureuse d’un programme antiterroriste ». En comparaison, la recherche criminologique jouit de données abondantes sur le crime, la dissuasion et la prévention, que ce soit sur les groupes criminels organisés, les effets du déplacement de la criminalité, ou la capacité des communautés d’appliquer des normes prosociales et de générer une efficacité collective. Cette recherche se penche à la fois sur l’application de la loi et sur le développement de communautés tenaces.

Il y a, bien sûr, des différences importantes entre le terrorisme et le crime. Cependant, les définitions du terrorisme soulignent des éléments criminologiques comme la force, la violence, la contrainte et l’intimidation, et il y a désormais une volonté croissante des responsables politiques et des chercheurs de considérer les corrélations entre ces domaines. Ce projet se base sur une multitude de recherches empiriques rigoureuses disponibles en criminologie pour répondre aux questions les plus frustrantes en matière de développement des politiques antiterroristes. L’équipe de recherche réunit une expertise en criminologie et en droit (Ron Levi) et une expertise en relations internationales, sécurité et gestion de conflit (Janice Stein), pour écrire un livre qui aborde, pour un public éduqué général, comment concevoir des politiques antiterroristes fondées sur des preuves qui mettent l’accent à la fois sur l’application de la loi et sur l’importance des normes informelles et de l’efficacité collective pour des communautés tenaces.

Avec deux articles académiques à venir, l’équipe de recherche a déjà démontré la façon dont les preuves criminologiques pouvaient remettre en question les préjugés, avec des résultats qui se reflètent également dans les expériences de modélisation économique. Écrit dans un format accessible conçu pour intéresser le grand public avec un accent sur les politiques publiques, ce livre fournira aux lecteurs des renseignements provenant de recherches académiques rigoureuses pour remanier les débats politiques dans ce domaine. Il abordera des questions ayant résisté à l’analyse empirique, en se basant sur des exemples éloquents pour démontrer l’importance et la pertinence de réunir ces domaines d’étude dans la conception de politiques antiterroristes générales et efficaces.

7. L’avenir du terrorisme de droite au Canada

Chercheur clé : Richard Parent, Études policières, Université Simon Fraser
Description :
« L’avenir du terrorisme de droite au Canada » est l’extension logique du projet du TSAS précédent « Extrémisme de droite au Canada » (2014), qui a fourni une vue d’ensemble historique de l’extrémisme et du terrorisme de droite au Canada au cours des 50 dernières années et comparé la menace actuelle à celle aux États-Unis et en Europe. Ce nouveau projet abordera la priorité du partenaire du gouvernement fédéral indiquée par la GRC : « Scenario Analysis of the Future(s) of Right-Wing Terrorism in Canada, in light of current trends in the USA and Europe. » En plus du projet de 2014, « L’avenir du terrorisme de droite au Canada » se basera également sur la recherche du projet Metropolis BC « Countering Radicalization of Diaspora Communities in Canada » (2011), de même que le projet continu : TSAS Canadian Incident Database. Ces éléments constitutifs seront combinés pour dresser des hypothétises sur la fréquence des attaques afin de fournir une liste de scénarios futurs probables du terrorisme de droite au Canada.

Ce projet ira au-delà de la comparaison des organisations extrémistes et des individus radicaux de droite du Canada pour prévoir plus généralement la violence future en se basant sur des changements récents dans les mouvements et les réseaux associés. Étant donné la forte connexion avec la question de l’immigration, les prévisions considéreront les interactions entre un terrorisme de droite croissant et la possible radicalisation réciproque d’éléments dans les communautés immigrantes canadiennes. Dotés d’une meilleure compréhension de cette menace, les dirigeants peuvent ainsi développer des politiques efficaces, preuves à l’appui, pour prévenir le terrorisme de droite futur, dont les actes visant à nuire à l’intégration des immigrants dans la société canadienne.
Les questions de recherche pour ce projet sont les suivantes : quels sont les scénarios probables pour le futur terrorisme de droite au Canada, en fonction des connexions avec les mouvements radicaux aux É.-U. et en Europe? Quels facteurs ou actions peuvent mitiger les scénarios les plus probables? Comment l’avenir du terrorisme de droite canadien peut-il être différent de celui des É.-U. et de l’Europe?

8. Financement du terrorisme au Canada : les risques émergents et l’efficacité des mécanismes existants dans le régime de lutte contre le financement du terrorisme au Canada

Chercheur clé : Dane Rowlands, The Norman Paterson School of International Affairs, Université Carleton
Description :
On estime qu’entre 5 et 15 milliards de dollars canadiens sont blanchis chaque année au Canada à des fins criminelles, dont une portion indéterminée est liée au financement du terrorisme. Les attentats terroristes spécifiques nécessitent souvent des ressources financières minimales, alors que les groupes organisés nécessitent des ressources financières bien plus importantes pour appuyer leurs activités hors attentats, comme le recrutement et la rétention du personnel, la propagande, les communications, les activités de renseignement et de surveillance, et l’acquisition de matériel. La lutte contre le financement du terrorisme a gagné en importance après le 11 septembre 2001. Bien que le financement terroriste ait démarré avant cet attentat, l’émergence des Unités de renseignement financier (URF) et les efforts multilatéraux pour entraver l’accès terroriste aux financements et ressources sont évidents depuis 1989.

Le problème du financement du terrorisme est dynamique. Un observateur note que, comme une inondation, le financement illicite cherche sans relâche les ouvertures et vulnérabilités du système (Simser; 2012, 51). De plus, de nouvelles méthodes de transfert et d’accès aux ressources posent divers défis pour les autorités nationales et internationales. Cette recherche implique une évaluation à savoir si CANAFE est en mesure de répondre aux défis existants et émergents du financement du terrorisme jusqu’à 2020 en vue de déterminer si des amendements législatifs ou des changements politiques pourraient être requis au cours des cinq prochaines années.

L’évaluation de CANAFE est basée sur les deux questions de recherche sous-jacentes suivantes : (1) Quels critères, données ou mesures peuvent être utilisés ou développés pour évaluer la performance du régime contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au Canada? Et (2), y a-t-il une typologie de revenus criminels liés au financement du terrorisme spécifique au Canada par rapport à d’autres démocraties occidentales? La recherche utilise des sources primaires et secondaires existantes et générera de nouvelles données par l’entremise d’une série d’entrevues semi-structurées avec des experts sur le sujet (secteur public et secteur privé). Le projet cherche à répondre à des questions de recherche connues et aux priorités identifiées par les organisations gouvernementales partenaires du TSAS comme CANAFE. De plus, étant donné le manque de données fiables sur les cas de financement du terrorisme et de preuves empiriques, le projet comprend à la fois la collecte de données initiale afin de fournir des renseignements de référence pour des recherches plus approfondies (la typologie) et une approche interdisciplinaire pour la question des mesures et de l’efficacité. Nous envisageons que deux étudiants de maîtrise effectueront des travaux valorisés en crédits universitaires dans le but de fournir des données de recherche pour le projet, mais aussi pour fournir du financement pour une recherche étudiante pertinente pour leur programme académique.


Série 1

Au début de l’année 2013, le TSAS a lancé son premier appel de propositions. Dix propositions de projet ont été sélectionnées pour recevoir un financement de recherche entre avril 2013 et mars 2014. Chaque projet choisi doit générer au moins un document de travail du TSAS et une note d’information complémentaire concernant les politiques.

Les chercheurs clés pour les 10 propositions de projet suivantes ont présenté leurs résultats à Ottawa le 30 mai 2014. Les documents de travail sont publiés dans la bibliothèque numérique.

1. Un cadre pour estimer le nombre d’extrémistes au Canada

Chercheur clé : Garth Davies, École de criminologie, Université Simon Fraser

Description :
Au niveau fondamental, la réponse à la menace posée par la radicalisation terroriste est ralentie par un manque de renseignements de référence. En particulier, la prévalence de l’extrémisme, et des extrémistes violents, est inconnue. La raison de cette lacune est simple : les extrémistes violents représentent l’exemple ultime de ce que l’on appelle souvent les populations « cachées » ou « difficiles à compter ». La solution à ce problème est plus complexe. Ultimement, l’objectif de ce projet est d’établir un cadre pour répondre à ces questions : combien d’extrémistes y a-t-il au Canada? Et combien d’entre eux sont des extrémistes potentiellement violents? À cette fin, cette recherche va a) identifier diverses méthodes ayant été proposées pour estimer les populations cachées en général; b) évaluer de manière critique la façon dont ces méthodes peuvent être étendues ou adaptées pour estimer le nombre d’extrémistes.

2. Un outil stratégique de planification et de simulation pour le contre-terrorisme utilisant la modélisation d’agents et l’environnement virtuel

Chercheur clé : Herbert Tsang, faculté de sciences informatiques, Université Trinity Western

Description :
La sécurité publique est toujours une grande préoccupation. Quand un évènement public se tient en ville comme les Jeux olympiques ou des matchs de soccer, il est important de garantir la sécurité du public et en même temps, d’avoir un plan précis pour contrôler et secourir le public en cas d’attaque terroriste. Afin de mieux défendre la sécurité publique dans les communautés contre les menaces potentielles, il est de la plus haute importance d’identifier les lacunes existantes, de définir les priorités et de se concentrer sur le développement d’approches pour y remédier. Ce projet vise à développer une extension au système GENIUS, où la simulation de foule sera incluse dans le cadre de modélisation informatique pour la planification et la réponse antiterroriste. En se basant sur l’intelligence en essaim et sur la modélisation d’agents, nous créerons un modèle où le système peut créer un nombre important de personnes avec des caractéristiques de comportement précis. Notre objectif est de créer un outil informatique qui permet de simuler une foule de plus de 20 000 individus. La police et les autres agents des forces de l’ordre peuvent utiliser cet outil pour la formation et la simulation opérationnelle.

3. Entre ici et là-bas : les attitudes politiques des nouveaux immigrants

Chercheur clé : Antoine Bilodeau, Université Concordia, faculté de sciences politiques

Description :
Ce projet examine les dynamiques des croyances et valeurs politiques fondamentales des nouveaux arrivants au Canada. Dans quelle mesure les croyances et les valeurs des immigrants canadiens correspondent-elles aux orientations politiques dominantes de la majorité de la population née au pays? Quelles sont les origines de ces croyances et valeurs? Comment changent-elles à mesure que les immigrants sont exposés à la politique et à la société canadienne? Le projet se concentre sur des opinions concernant : la façon dont la société doit être gouvernée; la relation entre les citoyens et l’état; et les relations entre les citoyens. Pour chacune de ces dimensions, deux possibilités empiriques distinctes sont considérées. Premièrement, nous évaluons la mesure dans laquelle la socialisation politique précoce dans le pays d’origine forme les perspectives politiques des immigrants en comparant les attitudes des immigrants de différents pays d’origine à celles de la population canadienne née au pays. L’attente est que si les attitudes politiques formées dans le pays d’origine persistent après la migration, les immigrants provenant de systèmes sociaux, économiques et politiques profondément différents du Canada pourraient avoir des perspectives politiques distinctes. Deuxièmement, nous évaluons si l’exposition à la politique et à la société du Canada influence les attitudes politiques des nouveaux arrivants en comparant les attitudes des immigrants résidant au Canada à diverses périodes à celles de la population née au pays. L’attente est que si les immigrants adoptent les attitudes politiques dominantes de la population née au pays à mesure qu’ils sont exposés à la politique et à la société du Canada, les immigrants bien établis sont plus susceptibles que les arrivants plus récents d’avoir des attitudes politiques semblables à celles de la population née au pays.

4. L’écoterrorisme et les efforts législatifs correspondants pour intervenir et prévenir des attaques futures

Chercheur clé : Sue-ming Yang, faculté de criminologie, Université nationale Chung Cheng

Description :
Au cours des dernières années, l’écoterrorisme est devenu une nouvelle préoccupation pour plusieurs pays développés. La conscientisation concernant la préservation et la protection de l’environnement est renforcée par plusieurs désastres naturels à grande échelle, comme l’ouragan Katrina aux États-Unis et le tsunami en Asie du Sud-Est et au Japon l’année dernière. Le tsunami au Japon a causé un grand nombre de morts de même que la défaillance d’une centrale nucléaire, entraînant les inquiétudes du grand public et des groupes environnementaux en ce qui concerne la sécurité de l’énergie nucléaire. Ces situations sont préoccupantes, car par le passé ce type de tensions a eu tendance à radicaliser les groupes environnementaux, les poussant à la violence contre des entreprises, des usines et des propriétés privées. Pour prévenir l’écoterrorisme, il est important de comprendre la nature du problème et de concevoir des stratégies de prévention efficaces.

Cette recherche proposée combinera deux disciplines académiques, la criminologie et les études juridiques, pour explorer la portée des menaces de l’écoterrorisme dans trois pays : les États-Unis, le Canada et le Japon. Premièrement, nous explorerons et fournirons une illustration détaillée de l’écoterrorisme à ce jour, incluant la fréquence, la répartition géographique, la sélection des cibles, le choix des armes et la portée des pertes. La deuxième étape consiste à mener une analyse juridique comparative en examinant les lois antiterroristes et les réglementations légales concernant le développement environnemental dans ces trois pays.

Finalement, les résultats de l’analyse quantitative et de l’analyse juridique seront utilisés pour former des recommandations pour les pays modernes afin de renforcer la capacité de réponse et la ténacité de leurs systèmes face aux menaces potentielles de l’écoterrorisme et, si possible, de dissuader les attaques futures.

5. Conversion à l’islam en Ontario

Chercheur clé : Scott Flower, École de sciences politiques, Université de Melbourne

Description :
Cette recherche cherche à comprendre les causes et les processus de la conversion à l’islam au Canada et à déterminer l’importance de la croissance de la conversion à l’islam grâce à cette étude initiale de la conversion à l’islam en Ontario.

Les données du recensement canadien montrent que l’islam est la religion connaissant la croissance la plus rapide au pays, et que bien que la majeure partie de la croissance de la population musulmane soit liée aux taux de natalité et à la migration des musulmans, depuis 2001, la population musulmane a aussi augmenté en raison des conversions religieuses des Canadiens non musulmans. La croissance des conversions à l’islam a coïncidé avec une période d’activité missionnaire islamique accrue et à une hausse de la couverture médiatique des musulmans et de l’islam après les attaques des extrémistes islamistes le 11 septembre 2001.

Les convertis canadiens sont intéressants du point de vue de la recherche parce qu’il n’existe aucune recherche sur les « nouveaux musulmans » du Canada à ce jour. Améliorer notre compréhension générale des conversions à l’islam est particulièrement important dans le milieu contemporain sécurisé post-11 septembre. Au niveau international, il y a une tendance à surévaluer le nombre de convertis par rapport aux musulmans de naissance dans le terrorisme, au niveau statistique. Cette tendance s’observe au Canada, de même qu’au R.-U., aux É.-U. et en Australie.

À ce jour, deux complots terroristes impliquant des convertis ont été empêchés au Canada (2006 et 2013) et des convertis canadiens, comme Xristos Katsiroubas qui a été tué en Algérie le 16 janvier 2013, sont actifs comme combattants à l’étranger. Malgré ces évènements, la réalité est que la vaste majorité des convertis ne deviennent pas radicaux et ne se tournent pas vers la violence. Comprendre les causes et les processus de la conversion islamique au Canada est essentiel pour éviter la diabolisation de tout un groupe de personnes comme des terroristes potentiels sur la base de leurs choix religieux. En particulier quand la majorité des convertis musulmans rapportent une sociabilité et une estime de soi accrues en raison de la pratique de leur nouvelle religion.

6. Perceptions des organisations musulmanes et ethnoculturelles communautaires dans la lutte au terrorisme intérieur au Manitoba

Chercheur clé : James Fergusson, Centre for Defence and Security Studies, Université du Manitoba

Description :
Le Canada a une grande expérience avec le terrorisme intérieur. Des exemples clés incluent l’attaque contre Air India en 1985 par des sikhs vivant au Canada aspirant à un KhaOstan libre; des complots comme celui des 18 de Toronto et celui de l’attaque à la bombe à Ottawa (2011) et des évènements liés à des étudiants de l’Université du Manitoba (par exemple Ferid Imam, Muhannad al-Farekh, Maiwand Yar et Hiva Alizadeh). Ce projet de recherche est une étude exploratoire conçue pour évaluer les activités et les rôles existants des organisations confessionnelles et ethnoculturelles communautaires par rapport au terrorisme intérieur.

Il commence par un examen des initiatives fédérales et provinciales actuelles concernant la prévention du terrorisme intérieur, comme l’étude des réponses de la communauté musulmane. Informée par des examens initiaux de la documentation disponible sur le terrorisme intérieur, l’étude identifie et évalue directement les opinions, les approches et les activités actuelles des leaders musulmans communautaires locaux concernant le terrorisme intérieur. L’objectif d’ensemble de cette recherche est d’identifier les initiatives qui créent la base la plus utile pour les partenariats communautaires, la ténacité communautaire et l’engagement pour aborder le problème de la radicalisation menant au terrorisme intérieur. Les objectifs de recherche spécifiques sont : 1) Étudier les perceptions de la radicalisation et de l’extrémisme violent des leaders des organisations communautaires musulmanes; 2) Comprendre les causes du terrorisme intérieur avec un accent particulier sur l’implication des jeunes musulmans; 3) Explorer les rôles des organisations confessionnelles et communautaires pour bâtir la ténacité des communautés en transformant ce conflit de façon pacifique.

7. Extrémisme de droite au Canada

Chercheur clé : Rick Parent, École de criminologie, Université Simon Fraser

Description :
« L’extrémisme de droite au Canada » fournira une évaluation initiale et comparative des perspectives futures pour la violence politique et le terrorisme de droite au Canada. En comparant les organisations extrémistes et les individus radicaux de droite du Canada à ceux aux États-Unis et en Europe, les responsables politiques peuvent évaluer la menace relative à la sécurité posée par ces groupes et gérer les défis uniques qu’ils créent. Cette étude examinera l’histoire du terrorisme et de l’extrémisme violent de droite, soulignera les changements récents au sein des mouvements associés, et identifiera les défis de la surveillance et de la gestion de cette menace. Le projet se basera sur des recherches antérieures menées par Metropolis BC, « Countering Radicalization of Diaspora Communities in Canada » (2011), pour examiner les relations entre l’extrémisme de droite croissant et la possible radicalisation réciproque d’éléments dans les communautés immigrantes canadiennes. À l’aide d’un examen d’études de cas et de données d’incident, ce projet fournira une recherche contemporaine explorant les sentiments anti-immigrants de droite et d’autres motivations. Avec une meilleure compréhension de ce phénomène, les dirigeants peuvent développer des politiques efficaces fondées sur des preuves pour prévenir la violence extrémiste et le terrorisme de droite futurs, incluant les actes visant à nuire à l’intégration des immigrants dans la société canadienne.

Les questions de recherche pour ce projet sont : quels facteurs peuvent favoriser l’extrémisme de droite violent au Canada, et comment ceci est-il lié aux mouvements semblables aux É.-U. et en Europe? Quels impacts cette violence peut-elle avoir sur la radicalisation dans d’autres communautés, et quelles stratégies les organisations de sécurité et de renseignement peuvent-elles employer pour détecter ou réduire l’extrémisme violent de droite?

8. L’efficacité et les effets des Équipes intégrées de la sécurité nationale du Canada

Chercheur clé : Veronica Kitchen, faculté de sciences politiques, Université de Waterloo

Description :
Depuis le 11 septembre, la tendance pour intégrer les professionnels de la sécurité de différentes parties de la bureaucratie de sécurité et de différentes juridictions dans une même institution s’est accélérée. Le Canada, comme ses alliés, a créé de nouvelles institutions intégrées conçues pour améliorer sa capacité à contrer le terrorisme et à protéger la sécurité nationale. Parmi les plus importantes se trouvent les Équipes intégrées de la sécurité nationale (EISN) de la GRC qui réunissent la police fédérale, provinciale et municipale avec du personnel d’autres agences de sécurité fédérales. Mais quelle est l’efficacité des EISN? En particulier, quels sont les effets de l’intégration sur la façon dont les agents individuels liés aux EISN font leur travail, et comment voient-ils la sécurité? Quels sont les avantages et les inconvénients du modèle intégré? Comment l’intégration influence-t-elle l’efficacité (c’est-à-dire l’utilisation des ressources), la performance (c’est-à-dire l’atteinte par l’institution des objectifs énoncés) et les effets (c’est-à-dire l’impact des EISN sur les politiques et la société). Ce projet fait partie d’une étude plus large visant à comprendre comment les changements dans la structure des politiques, des pratiques et des institutions de sécurité depuis le 11 septembre influencent la façon dont nous sommes gouvernés, et les effets de ces changements sur notre compréhension de l’espace public, de la démocratie, de la citoyenneté et de la responsabilité. La comparaison d’EISN à Toronto, à Montréal, à Ottawa, en Alberta et à Vancouver me permettra de tirer des conclusions concernant la sécurité intégrée au Canada, mais fera aussi partie d’une étude de cas dans le projet plus large qui compare les EISN aux Fusion Centers et aux JTTF aux États-Unis et aux Counter Terrorism Units au R.-U.

9. Avenir(s) du terrorisme et sécurité nationale canadienne

Chercheur clé : Jeremy Littlewood, Université Carleton, Norman Patterson School of International Affairs

Description :
Le Canada n’a pas connu de campagne de terrorisme systématique sur son territoire ou contre ses intérêts nationaux au niveau international. Les terroristes ont cependant visé le Canada et des intérêts canadiens sur une base régulière. Historiquement, les groupes ayant visé l’état canadien ont couvert les typologies du terrorisme : idéologique, ethnonationaliste, religieux et à question unique. Les groupes ou individus appuyant l’activité terroriste continuent également à utiliser le Canada comme base d’opérations en matière d’approvisionnement, de propagande et d’activité criminelle. Les groupes terroristes spécifiques peuvent être vaincus et l’ont été par le passé. De plus, la menace posée par les types de terrorisme discret a décliné conformément aux théories naissantes concernant la façon dont le terrorisme se termine. Le terrorisme lui-même cependant n’est jamais éradiqué. Des groupes, de même que des individus insatisfaits, ont opté pour la violence pour une vaste gamme de raisons et continueront probablement à le faire dans un avenir proche. Bien que le terrorisme ne disparaîtra pas des priorités de sécurité nationale du Canada, la menace qu’il pose prendra des formes différentes à l’avenir. Ce projet vise à découvrir les avenirs possibles du terrorisme touchant le Canada au cours des 10 à 15 prochaines années. De par sa nature, le travail n’est pas prévisible; il cherche plutôt à se baser sur des tendances à travers une variété de domaines pour se concentrer sur les implications possibles pour le terrorisme et l’impact sur le Canada et les intérêts canadiens. La principale question de recherche est : quelles formes prendra le terrorisme au cours de la prochaine décennie et comment ces différentes formes affecteront-elles la sécurité nationale du Canada et ses intérêts nationaux?

10. Le processus de radicalisation : les skinheads de droite au Québec

Chercheur clé : Samuel Tanner, Centre international de criminologie comparée, Université de Montréal

Description :
Depuis les attaques contre le World Trade Center en 2001, l’attention académique et médiatique s’est concentrée sur le terrorisme islamiste. Cependant, des menaces existent d’acteurs terroristes différents, comme les groupes extrémistes de droite et les skinheads. Au cours des dernières décennies, ces mouvements ont évolué pour devenir des organisations plus structurées, fournissant à leurs membres des bases idéologiques et des objectifs clairs et la formation nécessaire pour les atteindre. Plusieurs de ces mouvements sont affiliés simultanément à des groupes de droite importants, comme le Heritage Front. L’utilisation de la violence, qui est aussi une composante essentielle de l’unité de ces groupes, est souvent vue comme un instrument légitime dans ces formations pour mettre en place leur idéologie extrémiste, et est donc encouragée. Bien que la prévalence des crimes haineux soit difficile à évaluer au Canada en raison d’un manque de statistiques systématiques, ils sont néanmoins une réalité et plusieurs sont le fait de skinheads, encouragés par des leaders extrémistes par l’entremise de plusieurs vecteurs comme l’internet, des rencontres de groupe et des publications. Basé sur des observations de participants, des entrevues avec des skinheads, du contenu d’espaces de discussion et des analyses de documents, ce projet explorera et analysera la radicalisation des skinheads au Québec. Nous identifierons des points de repère et déterminerons des étapes dans le chemin de ces groupes vers la violence. Ce projet apportera non seulement une contribution théorique sur un phénomène n’ayant pas encore été étudié au Canada, par exemple concernant le rôle, la nature, les techniques et la prévalence de la violence dans de tels groupes de droite et la façon dont les membres l’utilisent, mais il aidera aussi à identifier des outils pratiques pour reconnaître et faire le suivi des formations de skinheads potentielles avant qu’elles n’agissent.

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